Quel couteau de poche régional choisir?

Il existe plusieurs sortes et qualités de couteaux de poche. Vous trouverez des couteaux peu chers, produits à l’étranger dont la qualité laisse à désirer.  Alors que les couteaux que nous proposons sont fabriqués par des couteliers de Thiers qui disposent d’un savoir-faire artisanal français. Ils fabriquent ainsi une large gamme de couteaux régionaux aux caractéristiques qui leurs sont propres. Comment choisir le sien en prenant compte de celles-ci ? 

Il faut faire attention : à la lame pliante ou fixe, en acier inoxydable ou non, au matériau du manche et sa forme, et enfin aux détails. Plus la lame sera travaillée, plus les matériaux seront rares et plus il y aura de détails dans les finitions, plus le prix du couteau montera. On peut aller de plusieurs dizaines d’euros à des milliers pour des couteaux qui sont de véritables oeuvres-d’art ! 

1) Choisir son manche  

La forme 

Tout d’abord , réfléchissez  à la forme du manche, tous le monde n’a pas les mains d’un paysan de l’Aubrac ! Ceci utilisaient jadis un couteau pour leur taches quotidiennes , du repas au soin des bêtes et même pour  se défendre. Ce couteau, le Capuchadou,  a été adapté aux plus petites de ceux qui ne travaillent pas la terre et a inspiré le célèbre couteau de poche Laguiole, qui semblerait bien petit dans la poche d’un de ces paysans ! Tout cela pour dire qu’il faut penser à la taille de votre main et aussi aux sensations que vous aimez sentir chez un couteau. Par exemple, un couteau corse Amicu par son aspect ergonomique et sa robustesse est fait pour ceux qui souhaitent travailler dehors ou aller à la chasse. Alors qu’un Thiers à une forme plus adaptée à un excellent repas de famille ! 

Le matériau

Ensuite pensez à l’utilisation que vous voulez en faire. Voulez-vous l’utilisez tous les jours, à table ou lors de vos casses-croûte en extérieur ? Optez pour un manche en bois ou en corne qui sont résistants et tiennent dans le temps. Il existe de nombreux bois très élégants  qui satisferont vos goûts, olivier, bois de Rose, Bois de Thuya, bois d’amourette, et bien d’autres. Si vous allez vous servir votre couteau dans un milieu humide, un manche en résine sera plus adapté. 

Vous recherchez une oeuvre d’art et avez l’âme d’un collectionneur, l’ivoire, l’os sculpté, voir l’os de mammouth sont faits pour vous ! Certains fabricants travaillent comme des orfèvres. À l’image de la famille Fontenille-Pataud qui a conçu ce magnifique Capuchadou, ancêtre du laguiole, avec un manche en corne de mammouth aux reflets bleutés, une lame en Damas rose et une mouche incrustée d’un saphir.

Capuchadou d'exemption  avec un manche en corne de mammouth

2) Choisir sa Lame 

Les  principaux types d’acier ? 

De nombreux couteaux de poche régionaux sont munis d’une lame en acier « sandvik » du nom de l'entreprise suédoise qui fabrique cet acier. Sa finesse qui est due a une répartition des grains d'un diamètre constant et homogène, favorise une excellente qualité de coupe. Cet acier est inoxydable, c’est-à-dire qu’il contient au moins 13% de chrome. Cela facilite l’entretien, l’aiguisage et l’affûtage.

Un autre métal utilisé dans les lames est l’acier carbone traditionnelle codé XC 75. Il est d’une grande résistance mais ces lames ne sont pas en acier inoxydable et  demandent plus d’attention. Effectivement, il ne faut pas que les lames en acier carbone  soient au contact de l’eau ou gardées dans un endroit humide. Il faut ainsi les essuyer après chaque utilisation et les graissés régulièrement acec de l’huile neutre.  La marque de couteau de poche Couperier- Coursolle utilise ce type d’acier, ce qui appuie  l’aspect authentique et reconnaissable de leur couteau. 

Si vous souhaitez un acier d’exception, optez pour l’acier Damas. Il est obtenu en pliant et forgeant successivement des couches d’acier tendres et dures. Leur nombre peut aller de quelques dizaines à une centaine. Quand elles sont forgées, elles laissent apparaître des motifs variés qui ressemblent à de fines stries. Certaines légendes confèrent à cet acier un caractère indestructible qui aurait servi à détruire les lames des croisés quand il était utilisé par les épées maures. Les forgerons insufflent leur personnalité dans les lame damassées pour créer des oeuvre d’art dont les reflets peuvent parfois virer au rose.

La forme de la lame 

Un couteau de poche est reconnaissable par la forme de sa lame qui confère sa personnalité et donc l’affinité que l’on peut avoir avec lui. Voici les principales  formes de lame : 

  • « pied de mouton », s’élargit de plus en plus vers la pointe , comme pour l’Armor 
  • « Yatagan », la pointe est beaucoup plus basse que la lame, à l’inter de l’Alpin 
  • « à pointe relevée », la pointe remonte plus haut que l’axe de la lame et presque  dans l’alignement. Comme pour le Thiers.
  • « berger » qui à donné son nome au couteau éponyme caractéristique par sa lame qui remonte plus haut que l’axe de la lame
  • « bourbonnaise », elle s’évase lentement et sa pointe est un peu plus basse que l’axe de la Lame. Comme pour les couteaux : l’Yssingeaux ou l’Issoire,

3) Choisir les détails 

Le ressort 

C’est la pièce clé du couteau, sa qualité et la façon dont il est monté va influencer sa durée de vie. Ce mécanisme est apparu à la fin du XVIIIe siècle. Quand il est invité en ville, le bourgeois ou le négociant mettait désormais  son couteau dans sa poche. Le ressort permet en effet que que le couteau pliant ne s’ouvre pas de manière impromptue. Il fait pivoter la lame sur son axe et la bloque dans une rainure.

Il devient petit à petit un élément décoratif, des ornements  plus ou moins raffinés le composent. Ce travail dit de « guillochage », utilisé aussi en horlogerie, est réalisé  à la main ou par une machine. Des mitres peuvent venir encercler l’extrémité du manche et le ressort et être aussi travaillées. 

La mouche 

C’est la pièce métallique qui orne le ressort, elle peut être forgée dans celui-ci ou soudée dessus lors de la fabrication industrielle. Autrefois, c’était le nom donné à la pièce qui servait à fermer les couteaux dits « à mouche ». Elle était petite triangulaire ou ovale, et il fallait la tirer en arrière pour permettre à la lame de se refermer.  Les couteliers fabricants de laguioles  ont eux transformé celle-ci par une abeille, plus noble pour l’image de marque. Des légendes se sont aussi greffées autour de l’octroi de porter l’abeille sur le blason de la ville de Laguiole, suite à un acte de bravoure de ses habitants. 

Le tire-bouchon 

Il n’a pas un aspect ornemental mais pratique car il permet d’ouvrir une bouteille de vin. Les couteaux de poche régionaux étant intimement liés à l'art de la table, cette option est un véritable plus !